Service fermé = Patients Aidants Personnels attaqués – Hôpital Albert Chenevier

Une annonce violente

Le 8 mars 2026, les agents du service d’USPC (Unité de Soin Prolongés Complexes) de l’hôpital A. Chenevier ont appris que leur service fermait ses portes. Une annonce violente pour cette équipe dont les agents étaient déjà présents à l’ouverture et ont participé à la mise en place de celle-ci.

Le 17 mars, la Formation Spécialisée (ancien CHSCT) était envahie par les agents de l’USPC pour essayer d’avoir des réponses à leurs interrogations et leurs inquiétudes. Les réponses apportées ne sont qu’une démonstration supplémentaire du mépris des agents et des représentants du personnel.

Aux agents il était annoncé qu’il n’y avait pas de date de fermeture de fixée, la direction étant soi-disant consciente de la difficulté à trouver des lits d’aval pour ces patients. La complexité de la prise en charge de certains patients rend en effet parfois impossible le retour à domicile et les structures médico-sociales manquent et manquent de place. Le 18 mars, le lendemain donc, un courrier était signé par la direction et le chef de service, envoyé aux familles pour exiger qu’elles trouvent une solution pour le 30 avril.

La direction et le chef de service exigent aux familles de trouver une solution avant le 30 avril.

Une nouvelle violence donc !

A la fois pour les familles qui se retrouvent à devoir anticiper sur des projets en cours de construction, lorsqu’ils existent, au risque de désorganiser encore un peu plus leur équilibre familial déjà mis à rude épreuve avec la maladie de leur proche. Et pour celles sans solution ? Les assistantes sociales n’ont pas de baguette magique et à l’heure actuelle, on ne sait pas ce qui leur sera proposé. Mais violence également pour les agents, face à une direction qui leur ment ouvertement.

Encore une fois, le pôle neuro-locomoteur est attaqué, après la fermeture des lits de SSR neurologique du bâtiment Calmette. Et plus largement, c’est l’avenir de toute la filière qui semble menacée puisqu’en réunion il était annoncé que le service de SMR neurologique serait lui aussi sur la « sellette », faisant face, comme l’USPC, à une difficulté de recrutement médical.

Mais au-delà de la fermeture elle-même, ce qui interroge c’est la conception du soin. Les USPC sont issues d’un appel à projet de l’ARS Ile de France datant de 2017. Elles devaient être des sites pilotes ayant vocation à devenir national. Moins de 10 après, quel constat ? Les unités ferment et il n’y a pas eu d’autres unités de ce type de mises en place sur le territoire. C’est le résultat accablant d’une vision financiarisée du soin : les unités ouvrent et ferment en fonction d’appel à projet, de ce qui va être rentable, au détriment des patients, des familles, des soignants !

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