CANICULE JUIN 2026
La canicule de juin est terminée mais les prévisions météo prévoient que ce sera l’été de la surchauffe. Pour autant, les moyens mis en oeuvre pour qu’on travaille dans de bonnes conditions sont largement insuffisants.
Une première canicule a eu lieu au mois de mai, mais ce n’est pas pour cela que la direction a réagi en conséquence : des ventilateurs et des climatiseurs, il y en a, mais pas suffisamment pour que l’ensemble de l’hôpital soit équipé. Et toutes les zones ne sont pas équipées de fontaines à eaux, les collègues ont dû se débrouiller.
La Pitié en surchauffe
En rythmologie-cardiologie, le 22 juin, il y avait seulement 13 ventilateurs pour 25 patients. Les collègues ont dû faire des Osiris pour en réclamer des supplémentaires.
En médecine physique et réadaptation (MPR), le service d’hospitalisation s’est transformé en serre avec des températures dépassant 35°C. Après le coup de colère de l’ensemble de l’équipe, une partie du service a pu déménager au sous-sol climatisé qui ne peut pas accueillir tout le monde. Pour le reste du service, le nombre de climatiseurs manque cruellement sachant que certains sont en réparation depuis lundi sans retour à court terme !
Au bâtiment Eole, les services les plus en hauteurs (3e et 4e étages) sont ceux qui ne sont pas climatisés : les températures ont donc atteint les 37°C en service de pneumologie…
Par ailleurs, les besoins en refroidissement et les problèmes de panne des systèmes de climatisation conduisent à sur solliciter les services techniques. Or qu’a fait la direction ces dernières années ? Elle a supprimé des postes dans ces services… Les collègues spécialisés dans la réparation des clim’ sont trop peu nombreux et sont en train de s’épuiser…
Comme ailleurs à l’AP-HP, on nous demande de tenir, de nous adapter, de “faire avec”, pendant que la chaleur s’aggrave et que les collègues s’épuisent. Et bien sûr, aucun effectif supplémentaire n’est prévu dans les services administratifs, techniques, de soins, ou les labos pour faire face à la surcharge de travail qu’entraîne cette canicule.
La canicule était annoncée. Tout le monde le savait. Et pourtant, à la Pitié, la direction n’a pas mis en place les moyens nécessaires pour protéger correctement les patients et les soignants. Après la canicule de 2003, le gouvernement de l’époque a supprimé un jour férié, le lundi de Pentecôte, présenté comme une « journée de solidarité » destinée à financer le « plan national canicule » et le « soutien à l’autonomie » des personnes âgées.
Depuis, l’État a collecté à ce titre près de 63 milliards d’euros. Or, il faudrait « seulement » entre 3,5 et 10 milliards d’euros pour équiper intégralement en climatisation l’ensemble des établissements scolaires, des EHPAD et des hôpitaux.
Autrement dit, l’argent existe : ce sont les choix politiques qui manquent.
Que ce soit à l’AP-HP, dans d’autres services publics comme les écoles ou la SNCF, ou encore dans certaines usines ou ateliers, les températures dépassent parfois les 40°. Et face à cela, sans surprise, gouvernement et patrons ne bougent pas le petit doigt
Pas question d’accepter que les patient(e)s et les personnels subissent, une fois de plus, l’absence d’anticipation et le mépris des besoins réels du terrain.
Nous ne devons pas accepter de travailler dans ces conditions.
Notre santé, celle de nos collègues et celle de nos patient(e)s valent plus que leurs économies.