Chasse au couvre-chef à l’AP-HP

Le 3 février 2026, les syndicats CGT de l’AP-HP ont débattu de la répression infligée à Majdouline, infirmière à la Pitié-Salpêtrière, pour le simple port d’un calot.

Suite à nos discussions, notre Commission Exécutive, organisme directeur de L’USAP CGT AP-HP, a décidé que notre syndicat se portait partie civile avec la section syndicale SUD santé de la Pitié-Salpêtrière, qui porte ce dossier depuis le début, Solidaires national et la Ligue des Droits de l’Homme, dans ce procès emblématique des dérives autoritaires à l’œuvre au sein de l’AP-HP.

Majdouline est sanctionnée pour « désobéissance » : elle refuse de se plier à une injonction absurde en n’enlevant pas son calot. En réponse, le 10 novembre 2025, la direction de l’AP-HP choisit l’escalade maximale : la révocation !

La Direction Général de l’AP-HP considérant le port du calot comme « signe religieux par destination ».

Derrière cette sanction qui ne dit pas son nom se profile la peur d’un islamisme radical, une application rigide, dogmatique et instrumentalisée de la charte de la laïcité qui conduit à des sanctions injustes, à une stigmatisation ciblée et à une souffrance réelle pour certaines soignantes.

Si Madjouline porte effectivement son calot en permanence, son prénom lui fait également du tort, on en est là.

Une sanction exemplaire donc, pensée pour intimider, faire taire et discipliner l’ensemble des personnels.

Si le référé du 6 janvier 2026 a permis de suspendre cette décision et d’ordonner sa réintégration sous un mois, le Directeur Général persiste dans l’acharnement.

Sans même convoquer un conseil de discipline, il impose huit mois d’exclusion, dans un mépris total des règles, du droit et des instances représentatives.

Pire encore, cette décision est annoncée au comité médical d’établissement de l’AP-HP du 27 janvier, transformé pour l’occasion en tribune politique, pendant que l’AP-HP s’enfonce dans la dette, la pénurie de personnel, l’impossibilité de recruter et des conditions de travail toujours plus dégradées.

La justice s’est pourtant déjà prononcée sur une situation équivalente, notamment en arbitrant en faveur du port d’une barbe « imposante », rappelant que l’apparence personnelle ne saurait, en elle-même, constituer une appartenance religieuse. Elle arbitrera de la même manière cette affaire, en laissant au placard les préjugés racistes et les pratiques déviantes qui traversent aujourd’hui l’AP-HP.

Cette affaire n’est pas un fait divers. Elle révèle une gouvernance autoritaire qui préfère sanctionner plutôt que soigner, exclure plutôt que dialoguer, punir plutôt que comprendre. Pendant que la direction règle des comptes, l’hôpital public manque de tout : personnels, rémunérations décentes, moyens et conditions de travail dignes.

L’AP-HP ne se sauvera pas par la répression !

Cette situation n’est malheureusement pas isolée.

Chacun d’entre nous peut raconter une histoire similaire dans son établissement : convocations sous pression pour le port d’un bandeau ou d’un calot, intimidations répétées, sanctions arbitraires. Le point commun de ces situations est clair : les collègues visées sont racisées et supposées musulmanes.

Cette pratique est discriminatoire, déviante et inacceptable.

L’USAP CGT AP-HP, attachée tout autant au respect de la laïcité qu’à la justice et l’équité de traitement entre les agents, ne pouvait rester indifférente au sort de notre collègue Madjouline.

Des situations similaires ont été signalées dans plusieurs établissements, notamment à l’hôpital Tenon, ou la CGT Tenon appelle à un rassemblement contre la répression qui frappe des collègue en raison du port du calot.

Rassemblement contre la chasse au couvre-chef vendredi 13 février 2026 à 14H devant l'hôpital Tenon

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