OBJET : Conséquences de la venue du Pape à Notre Dame sur les activités de l’hôpital Hôtel DIEU.
Monsieur le Directeur,
Nous souhaitons vous faire part de notre profonde indignation concernant les conditions dans lesquelles la Direction a décidé et organisé la fermeture de l’Hôtel-Dieu le 25 septembre 2026, l’absence de transparence et de concertation qui accompagne cette décision ainsi que les conséquences de cette décision pour les professionnels et les patients.
Nous dénonçons en premier lieu le manque de transparence concernant les informations communiquées aux personnels sur les modalités d’organisation de cette journée. La manière dont cette décision a été annoncée a placés certains collègues dans une situation particulièrement difficile, voire vécue comme une véritable violence professionnelle.
Les personnels concernés ont notamment appris qu’ils devraient contacter l’ensemble des patients afin d’annuler leurs rendez-vous médicaux du 25 septembre. Ils se retrouvent ainsi contraints d’annoncer eux-mêmes la nouvelle à des patients qui avaient parfois attendus depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, puis de rechercher avec eux une nouvelle date en fonction des plannings disponibles.
Cette situation génère une charge mentale, émotionnelle et de travail importante pour les professionnels concernés.
Nous considérons que cette situation constitue une double violence institutionnelle :
- À l’égard des personnels, auxquels il est demandé de gérer les conséquences d’une décision qu’ils n’ont pas prise, sans leur avoir permis d’anticiper ni de participer à la recherche de solutions alternatives. Ce qui revient à leur faire porter la responsabilité humaine et organisationnelle d’une décision qui relève de la Direction qui, en plus, les place face à des injonctions managériales concernant cette journée : poser un jour de congé, effectuer des heures supplémentaires ou se rendre sur un autre site hospitalier, afin de compenser une fermeture qui leur est imposée.
- Mais également à l’égard des patients, dont les rendez-vous médicaux sont annulés, 15 jours avant, sans qu’ils ne puisent dire un mot, pour lesquels l’hôpital public constitue parfois le seul recours pour un accès à des soins de qualité.
Nous nous interrogeons sur le principe même de cette fermeture et ses modalités car après l’incendie de Notre Dame et sa réouverture, l’hôpital est resté ouvert, ses activités ont été maintenues malgré la visite de chefs d’état, de gouvernement et d’organisations internationales.
Comment peut-on justifier, dans un hôpital public et laïque, l’annulation de consultations médicales et la désorganisation des services hospitaliers en raison de la visite d’une personnalité religieuse à la cathédrale Notre-Dame ?
Indépendamment de la nature de cette visite, nous estimons qu’une décision ayant de telles conséquences sur l’accès aux soins et les conditions de travail des personnels aurait dû faire l’objet d’une véritable concertation préalable avec les professionnels concernés, leurs représentants syndicaux et, lorsque cela est pertinent, les représentants des patients, afin d’étudier des solutions permettant de préserver au maximum les rendez-vous médicaux.
Nous demandons donc à la Direction de prendre pleinement en considération les conséquences humaines, professionnelles et organisationnelles de cette décision.
En conséquence, la CGT APHP HD exige :
- Que la journée du 25 septembre, qui est exceptionnelle, soit intégralement prise en charge par la Direction et qu’elle ne soit en aucun cas imputée sur les jours de congés « GESTIME » des professionnels concernés.
- Qu’aucune heure supplémentaire ne soit imposée à nos collègues ;
- Qu’aucune / qu’aucun collègue ne soit affecté à un autre site hospitalier ;
- Que la charge de travail supplémentaire liée au report et à la reprogrammation des rendez-vous soit reconnue et prise en compte.
Nous demandons donc une réunion afin que des explications précises soient apportées aux représentants syndicaux et aux personnels sur les conditions qui ont conduit à cette décision.
Quant aux modalités retenues pour cette journée, nous souhaitons qu’un dialogue sincère soit engagé rapidement entre les représentants des personnels et la direction afin que les difficultés rencontrées puissent être entendues et que des réponses concrètes soient apportées.
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de nos salutations distinguées.
Carole MATUSZCZAK, Secrétaire Générale CGT APHP HD
David FREMIOT, Secrétaire Adjoint CGT APHP HD
Copie à
- Monsieur REVEL, Directeur général de l’APHP
- Hélène FAUSSER, Directrice de l’hôpital hôtel DIEU.